Un Youtubeur de 47 ans, connu dans la communauté du do it yourself et de l’impression 3D, a attiré l’attention avec une mini-moto imprimée en 3D qui roule réellement. Ivan Miranda a présenté son engin, baptisé Mirandetta, lors d’un salon technologique à Prague, où les visiteurs ont voulu l’essayer dans les allées. À l’origine du projet, un problème très concret de transport. Miranda cherchait une solution pour disposer d’un véhicule personnel sur place sans subir un supplément bagage jugé trop élevé. Il a donc conçu un modèle capable de tenir dans une valise cabine, puis a retravaillé le concept après l’événement pour proposer une version plus solide et plus simple à reproduire à la maison.
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Ivan Miranda conçoit la Mirandetta en 10 jours
Le point de départ tient davantage de la logistique que de la démonstration technologique. Pour rejoindre la Maker Faire de Prague avec un moyen de déplacement personnel, Ivan Miranda s’est heurté à la question du transport aérien et des frais additionnels. Son idée a consisté à créer un format miniature, dimensionné pour un bagage cabine, plutôt que d’adapter un véhicule existant. La contrainte de taille a donc dicté l’architecture du projet.
Le résultat prend la forme d’une mini-moto fonctionnelle, imprimée en 3D, pensée pour porter un adulte. Dans la sphère maker, Miranda est déjà associé à des créations mécaniques à base d’engrenages complexes, ce qui explique l’intérêt immédiat suscité par un véhicule complet. L’épisode de conception, mené sur un temps court, met aussi en avant une méthode : prototyper vite, tester, corriger, documenter.
Cette approche rapide a une limite : la robustesse. Une machine conçue sous contrainte de calendrier et de transport peut privilégier l’assemblage et la démonstration au détriment de la durabilité, surtout quand la base est largement en plastique. C’est précisément ce que l’auteur du projet a reconnu après l’exposition, en réorientant le développement vers une variante mieux adaptée à une reproduction domestique, donc à des usages plus répétés.
La Maker Faire de Prague transforme l’engin en objet de démonstration
À Prague, l’accueil a été immédiat auprès des amateurs de technologie. La Mirandetta a circulé et a été testée, au point que plusieurs inventeurs présents ont cherché à l’essayer dans les allées du salon. Ce type de contexte joue un rôle de caisse de résonance ; une idée devient tangible devant public, et la validation se fait par l’usage, même sur quelques mètres, plutôt que par un simple discours.
Le fait qu’un véhicule imprimé en 3D puisse se déplacer change la perception de l’impression 3D grand public. Beaucoup associent encore la fabrication additive à des objets décoratifs ou à de petites pièces, alors qu’ici, l’impression intervient dans un ensemble roulant. Dans un salon, l’objet attire aussi parce qu’il est lisible : une moto miniature se comprend en un regard, et la contrainte valise cabine donne un récit concret.
Cette mise en scène apporte aussi une nuance : l’effet file d’essais ne dit rien de la sécurité ou de la conformité sur route ouverte. Un engin roulant en intérieur, dans un cadre événementiel, n’est pas évalué comme un véhicule homologué. La démonstration met donc en avant la créativité et l’ingénierie artisanale, mais elle peut aussi alimenter des attentes irréalistes chez certains spectateurs sur la facilité d’usage au quotidien.
Une version V2 vise la reproduction à domicile
De retour après Prague, Ivan Miranda a retravaillé sa Mirandetta pour aboutir à une version dite V2. L’objectif annoncé est clair : plus de solidité, plus de fiabilité, et une reproduction facilitée pour la communauté. Cette orientation est stratégique, car l’impression 3D est un écosystème de partage ; un objet devient influent quand il peut être refait par d’autres, avec des ajustements et des itérations.
Le cas Mirandetta s’inscrit dans un paysage plus large de motos intégrant l’impression 3D, mais avec une différence majeure. Dans le design moto, certaines réalisations utilisent la fabrication additive pour des pièces ciblées, carénage, garde-boue, éléments de structure, en polyamide ou en aluminium, souvent via des partenaires industriels. Le projet de Miranda, lui, met l’accent sur une fabrication accessible à la maison, avec beaucoup de filament plastique et un esprit maker.
Cette accessibilité comporte un enjeu : la reproductibilité ne garantit pas la qualité finale. Les résultats varient selon les imprimantes, les réglages, les matériaux, et l’expérience d’assemblage. Une V2 plus facile à reproduire peut réduire les obstacles, mais pas éliminer les risques liés à un montage approximatif ou à une pièce imprimée trop fragile. Le projet illustre donc une promesse, fabriquer plus chez soi, et une prudence, tester et renforcer avant d’envisager un usage régulier.
Sources

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.