Une femme de 70 ans, considérée légalement aveugle de l’œil traité, a retrouvé une vision partielle après une greffe de cornée imprimée en 3D réalisée au Rambam Health Care Campus, à Haïfa, en Israël. L’intervention a eu lieu fin octobre 2025, avec l’implantation d’un tissu bio-imprimé fabriqué à partir de cellules humaines cultivées en laboratoire. Les jours suivants, la vision a commencé à revenir, sans complication majeure rapportée. Cette première mondiale, centrée sur un implant baptisé PB-001, s’inscrit dans une problématique de santé publique qui dépasse le cas individuel. La cécité cornéenne concerne des patients dont la cornée, membrane transparente à l’avant de l’œil, devient opaque ou dysfonctionne après infection, traumatisme ou maladie. L’enjeu est aussi logistique : la pénurie de greffons laisse encore des millions de personnes sans solution, alors que la demande en transplantations reste élevée.
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Le Rambam Health Care Campus greffe l’implant PB-001 fin octobre 2025
L’équipe menée par le Dr Michael Mimouni, spécialiste de la cornée, a implanté PB-001 au Rambam Health Care Campus fin octobre 2025. La patiente souffrait d’un œdème cornéen endothélial avancé ; une défaillance de la couche interne de la cornée qui entraîne un gonflement et une perte de transparence. Dans ce contexte, elle était considérée comme aveugle sur l’œil opéré, la cornée ne jouant plus son rôle de « fenêtre » claire.
Sur le plan opératoire, les médecins décrivent un geste proche d’une greffe classique. Le tissu bio-imprimé a été inséré puis s’est « déroulé » dans l’œil à l’aide d’instruments chirurgicaux standards. Ce choix technique compte, car il conditionne l’adoption future : une innovation qui exige un matériel rare ou des gestes entièrement nouveaux se diffuse lentement. Ici, l’idée est d’intégrer un implant moderne dans une chaîne de soin déjà maîtrisée par de nombreux services.
Cornées en 3D : le succès fulgurant des 300 premières bio-impressions greffées à Haïfa
Les jours qui ont suivi ont servi de premier test grandeur nature. La vision a été partiellement restaurée rapidement, et aucune complication majeure n’a été rapportée, un signal rassurant sur la biocompatibilité de cette cornée imprimée en 3D. Cette amélioration précoce ne règle pas tout, car un cas isolé ne suffit pas à prévoir la durée d’efficacité ni les risques tardifs. Mais, pour des patients en impasse thérapeutique, ce type de résultat ouvre un espace concret de discussion médicale.
L’OMS estime 36 à 39 millions de personnes aveugles dans le monde
La greffe israélienne intervient dans un paysage mondial où les troubles visuels pèsent lourd. Selon un rapport de l’OMS publié le 11 novembre 2025, environ 36 à 39 millions de personnes vivent avec une cécité totale. Toutes ne relèvent pas de la cornée, mais la cornée reste un organe clé : lorsqu’elle devient opaque, la lumière entre mal et l’image ne se forme plus correctement, même si le reste de l’œil fonctionne.
Un autre repère, cité dans les mêmes éléments, met l’accent sur la part cornéenne : un rapport de l’OMS datant de 2023 évoque 4,2 millions de personnes touchées par « l’opacité cornéenne« , présentée comme cause majeure de cécité cornéenne. Ce chiffre aide à comprendre l’intérêt des solutions reproductibles. Les greffes à partir de donneurs existent, mais elles dépendent d’un approvisionnement régulier et compatible, ce qui alimente une pénurie mondiale de greffons.
La promesse de la bio-impression est d’aborder ce goulet d’étranglement. Les textes disponibles parlent d’une ambition claire : compenser la pénurie en fabriquant des tissus à partir de cellules humaines cultivées en laboratoire, plutôt que d’attendre un don. La nuance est essentielle : produire un implant ne signifie pas automatiquement le rendre accessible, car la fabrication, la régulation et la distribution peuvent freiner. Mais l’idée d’un stock potentiellement extensible change le cadre des politiques de transplantation.
Newcastle avait imprimé une cornée en 3D en 2018 : la chirurgie franchit un cap
L’innovation ne surgit pas du néant. L’Université de Newcastle, au Royaume-Uni, avait déjà imprimé une cornée en 3D en 2018, preuve que la brique technologique existe depuis plusieurs années. La différence, ici, tient au passage du laboratoire à l’humain avec une transplantation réussie et une récupération visuelle observée rapidement. En résultat, l’attention se déplace de la faisabilité technique vers la sécurité, la tolérance et les parcours cliniques.
D’autres approches ont aussi jalonné le terrain. En 2022, des scientifiques suédois ont rendu complètement la vue à trois patients aveugles à l’aide de cornées bio-artificielles fabriquées avec du collagène provenant de cellules de porc. Cette comparaison illustre deux voies : matériaux bio-artificiels d’un côté, tissus imprimés et basés sur cellules humaines de l’autre. Chaque méthode porte des questions spécifiques, comme l’intégration dans l’œil, la réponse immunitaire et la reproductibilité industrielle.
Le franchissement du cap clinique n’efface pas les incertitudes. Une réussite chez une patiente ne préjuge pas des résultats sur des profils variés, ni de la tenue dans le temps, et la surveillance à long terme reste déterminante. Autre limite, plus sociale : même si l’on peut produire davantage d’implants, encore faut-il disposer de blocs opératoires, de chirurgiens formés et d’un suivi post-opératoire, ce qui manque dans de nombreuses zones. La prouesse autour de l’implant PB-001 met donc en lumière une avancée biomédicale, mais aussi un défi d’organisation des soins.
Sources
- Aveugle à 70 ans, elle retrouve la vue grâce à cette cornée imprimée en 3D : une première qui pourrait tout changer – Homéopathie et médecines complémentaires à la une
- Il était aveugle, et grâce à une cornée imprimée en 3D, il a retrouvé la vue ! Une prouesse médicale qui pourrait révolutionner la vie de millions de personnes – Science et vie
- Impression 3D : cette première médicale mondiale représente un nouvel espoir pour les personnes aveugles !

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.