Un robot domestique capable de plier le linge n’est plus réservé aux laboratoires ou aux démonstrations sous vitrine. En 2026, la startup américaine Vulcan Robotics met en ligne Sourccey, un assistant mobile dont les plans, l’électronique et le code sont publiés en open source, avec une promesse rare : pouvoir fabriquer l’appareil chez soi via l’impression 3D. L’approche tranche avec les robots ménagers vendus comme des produits fermés. Ici, la structure est annoncée comme réimprimable pièce par pièce, ce qui vise autant la réparation que l’expérimentation. Cette ouverture ne rend pas le pliage « magique » pour autant ; le projet s’adresse d’abord aux makers et développeurs prêts à assembler, calibrer et faire évoluer un système robotique complet.
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Vulcan Robotics publie Sourccey en open source sur GitHub
Le cœur de l’annonce tient dans la publication intégrale des éléments nécessaires pour reproduire la machine. Vulcan Robotics diffuse les plans matériels, les schémas électroniques et le code de Sourccey sur un dépôt GitHub, avec l’idée qu’un particulier puisse fabriquer, modifier et réparer le robot depuis un atelier domestique. Dans l’écosystème robotique, cette transparence est encore minoritaire, surtout pour un assistant mobile pensé pour la maison.
Cette logique de plateforme ouverte change la nature du « produit ». Au lieu d’un appareil figé, on se retrouve avec une base technique que la communauté peut adapter à des contraintes concrètes : type taille d’un logement, largeur de passage entre meubles, hauteur de table, ou type de paniers à linge utilisés. Le projet mentionne aussi des tâches au-delà du pliage, comme la table, ce qui suggère un robot conçu comme un exécutant polyvalent plutôt qu’un seul outil spécialisé.
Poppy, le petit humanoïde open source à imprimer de chez soi
La nuance tient à la réalité d’usage : un robot open source ne garantit pas une expérience clé en main. L’assemblage, la maintenance et les réglages peuvent devenir un « second travail » si l’on vise un fonctionnement quotidien stable. En résultat, l’intérêt se situe souvent dans la liberté de bidouiller, la possibilité d’itérer rapidement, et l’accès direct aux choix de conception, plutôt que dans la promesse d’une corvée totalement effacée dès l’ouverture du carton.
Un châssis en PLA imprimable sur une imprimante 3D de bureau
Le design mis en avant vise la fabrication domestique. Sourccey mesure environ un mètre de hauteur et affiche moins de 16 kilogrammes, ce qui le place dans une catégorie manipulable sans outillage industriel. Son habillage et sa structure sont annoncés comme majoritairement composés de pièces en plastique PLA, imprimables sur une imprimante 3D de bureau, avec des fichiers STL publics pour réimprimer un élément cassé.
Sur le terrain, ce choix répond à un problème concret : les robots domestiques subissent des chocs, se coincent, et finissent par abîmer des pièces exposées. Pouvoir relancer une impression au lieu d’attendre une pièce propriétaire peut réduire l’immobilisation et encourager la réparation. À l’inverse, l’impression en série de grandes pièces réclame du temps machine, de la matière, et une imprimante correctement réglée, ce qui crée une barrière pour les foyers qui débutent.
Le caractère « bon marché » évoqué repose sur cette architecture modulaire et sur l’outillage grand public. Mais l’addition réelle dépend de ce que l’on possède déjà : imprimante, consommables, capacité à refaire une pièce qui frotte ou se déforme, et tolérance au bruit d’une machine qui imprime longtemps. De plus, des pièces imprimées peuvent varier selon le filament et les paramètres, ce qui impose parfois de retoucher un assemblage pour préserver l’alignement mécanique nécessaire au pliage.
Raspberry Pi 5, LiDAR 360 et quatre caméras pour se repérer
La partie électronique se veut accessible, avec un ordinateur monocarte Raspberry Pi 5 comme cerveau. Pour naviguer et éviter les obstacles, Sourccey s’appuie sur un capteur LiDAR 360 et quatre caméras embarquées. Ce trio, calcul embarqué, distance laser, vision, correspond à une approche courante en robotique mobile, où il faut construire une perception suffisamment robuste pour circuler dans un appartement encombré.
Dans un logement réel, le pliage n’est qu’une partie du parcours. Il faut approcher un panier, se positionner sans heurter une chaise, puis maintenir une zone de travail stable. Les caméras peuvent aider à reconnaître la scène et à suivre un vêtement, tandis que le LiDAR sert à lire le volume autour du robot. Mais la maison reste un milieu difficile, éclairage changeant, sols sombres, tapis épais, miroirs, animaux, autant d’éléments qui compliquent la perception.
La comparaison avec des solutions plus anciennes rappelle le chemin restant. Le robot Foldimate, présenté comme une « imprimante géante », promettait un pliage rapide, entre 20 et 40 vêtements en 2 à 4 minutes, mais il fallait présenter les pièces une à une, et il ne rangeait pas dans l’armoire. À l’autre extrême, des vidéos de robots humanoïdes comme Figure 02 montrent des gestes de pliage très impressionnants, mais souvent dans un cadre de démonstration. Entre ces deux mondes, Sourccey cherche une voie, ouverte et reproductible, avec une évolution qui reste incertaine sur la facilité d’usage au quotidien.
Sources

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.