Adidas vient de présenter un crampon de football dont la tige est annoncée comme entièrement imprimée en 3D, une première très visible dans la catégorie performance. Le modèle a attiré l’attention après des images d’entraînement montrant l’attaquant Ademola Lookman avec une paire vert fluo, au look de treillis très poreux, loin des empeignes tricotées ou synthétiques habituelles. La marque le rattache à Project RAP (Radical Athlete Perception), un programme d’innovation censé accélérer des produits adaptés à des profils d’athlètes. Point important, ce crampon reste un concept et n’est pas annoncé à la vente pour le moment. Adidas promet davantage d’informations dans les prochains mois, ce qui laisse le terrain des hypothèses ouvert, notamment sur la production et le prix.
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Project RAP: Adidas teste le crampon 3D sur Lookman
Le dispositif est présenté comme une extension logique de Project RAP, déjà illustré par une chaussure de basket imprimée en 3D. Sur le football, la marque s’appuie sur des joueurs identifiés, dont Ademola Lookman, aperçu à l’entraînement avec ce prototype, et Khvicha Kvaratskhelia, cité parmi les athlètes associés au développement. Le message est clair, on parle d’un produit pensé depuis le terrain, pas d’un simple objet de vitrine.
Visuellement, le crampon conserve une silhouette classique, avec des lacets et une forme proche des modèles de match actuels, mais l’empeigne change de monde. La tige se présente comme un treillis très ajouré, avec une structure qui rappelle les expérimentations récentes d’adidas sur des modèles 3D. Cette porosité évoque une recherche de ventilation maximale, tout en suggérant une répartition différente des zones de soutien.
La nuance, c’est que l’annonce reste calibrée, sans fiche technique complète, ni calendrier, ni promesse de lancement. Un membre de l’écosystème innovation, interrogé dans un cadre de présentation, résume l’idée de manière prudente: « On cherche un ajustement plus précis, mais il faut que ça tienne 90 minutes, sous pluie, sous charge, et sur plusieurs semaines ». Tant que le concept n’est pas industrialisé, la question de la durabilité reste centrale.
Une tige imprimée en 3D inspirée de Climacool et Futurecraft 4D
Adidas n’arrive pas sur ce sujet les mains vides. La marque travaille l’impression 3D depuis des années, notamment avec les semelles intermédiaires Futurecraft 4D, et plus récemment avec la gamme Climacool, connue pour ses structures très aérées. Le crampon présenté s’inscrit dans cette continuité, avec une empeigne au maillage qui rappelle ces architectures, mais transposée à un usage football, donc plus contraint en torsion et en impacts.
Sur la fabrication, l’écosystème évoqué renvoie à des procédés déjà utilisés par adidas, dont la Digital Light Synthesis (DLS) de Carbon pour des produits grand public et des concepts de performance. L’intérêt de ces procédés, c’est la capacité à moduler une structure, zone par zone, sans changer de matériau à chaque étape. Sur un crampon, ça ouvre la porte à un maintien plus ferme sur les zones de contact, et plus souple ailleurs, au moins sur le papier.
Le bénéfice le plus intuitif, c’est la respirabilité, grâce aux perforations et au treillis, ce qui pourrait en faire l’une des tiges les plus ventilées du marché si la promesse se confirme. Mais il y a un revers possible, rarement mis en avant dans les annonces : la gestion des projections, de l’eau et des micro-débris sur terrains gras. Un équipementier concurrent, contacté pour réagir, résume la crainte de façon sèche: « Ventiler, oui, mais pas au prix d’une tige qui se charge et se nettoie mal ».
Sur-mesure, rigidité, disponibilité: les questions avant une commercialisation
Le coeur du discours, c’est l’idée d’un ajustement personnalisé. L’impression 3D est présentée comme une voie vers des tiges sur mesure, adaptées à la forme exacte du pied et aux points de pression. Dans le cadre de Project RAP, la promesse est un maintien et un support taillés pour l’athlète, ce qui parle directement aux joueurs pros, habitués aux retouches, aux doubles paires et aux adaptations en interne.
Mais entre un prototype porté à l’entraînement et un produit en rayon, il y a des étapes difficiles : répétabilité, contrôle qualité, et capacité à produire en volume. Adidas précise que ce crampon n’est pas disponible au public à ce stade. L’absence de prix et de date entretient l’incertitude, et c’est logique, une production additive à grande échelle sur une tige complète implique des temps machine, des contrôles, et une chaîne logistique différente de l’injection ou du tricotage.
Le football est aussi un sport de sensations, et la rigidité perçue, le toucher de balle, le serrage des lacets, comptent autant que les gains mesurés. Un préparateur matériel de club, habitué aux prototypes, confie sous anonymat: « Les joueurs veulent du sur-mesure, mais ils détestent perdre leurs repères. Si la tige change trop le contact, ils reviennent à l’ancien modèle ». C’est là que le concept devra convaincre, pas seulement impressionner.
Sources

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.