Des pièces jusqu’à 45% plus légères, et une promesse directe, réduire la consommation de carburant. Airbus accélère sur l’impression 3D, ou fabrication additive, pour remplacer certaines pièces classiques par des composants optimisés, conçus sur ordinateur puis produits couche par couche. Le gain de masse vise un objectif simple : embarquer moins de kilos inutiles, donc brûler moins de kérosène sur la durée de vie d’un avion. Dans les ateliers, la logique dépasse la seule performance en vol. Airbus met aussi en avant un autre levier, produire avec moins de pertes. Sur certains cas, la fabrication additive permet une baisse d’environ 90% de l’usage de matière première par rapport à l’usinage, qui enlève de la matière pour obtenir une forme finale. Moins de chutes, moins de rebut, et une chaîne industrielle qui se rapproche du « juste nécessaire ».
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Airbus allège des composants grâce à l’impression 3D
Le principe est connu, mais son intérêt est très concret en aéronautique. Avec la fabrication additive, Airbus peut concevoir des géométries impossibles ou trop coûteuses à obtenir en usinage classique. Résultat, des pièces annoncées jusqu’à 45% plus légères, ce qui se traduit mécaniquement par une baisse de la consommation de carburant sur l’exploitation, surtout quand ces gains se répètent sur de multiples composants.
Un exemple déjà entré dans l’histoire industrielle du groupe : l’installation en 2017 d’un support en titane imprimé en 3D, intégré pour la première fois en production série sur l’A350 XWB. Ce type de pièce, un « bracket », peut paraître modeste, mais c’est justement l’idée, multiplier les optimisations ponctuelles, pièce par pièce, là où le poids se gagne au gramme et se perd au kilo sur l’ensemble d’une flotte.
Marklix, la plateforme française qui propose les pièces détachées imprimées en 3D
Airbus projette d’élargir l’usage à d’autres composants, comme des supports métalliques supplémentaires et des éléments de tuyauterie de ventilation sur de futurs modèles. Luc, ingénieur méthodes dans un sous-traitant aéronautique, le résume sans détour : « Le vrai changement, c’est qu’on ne se limite plus au prototype, on parle de pièces qualifiées pour voler ». La nuance, c’est que chaque nouvelle pièce impose des validations longues et coûteuses, ce qui freine l’extension rapide à des centaines de références.
3DGence F340 et PEEK, des prototypes vers des pièces utilisables
Dans cette montée en puissance, Airbus s’appuie aussi sur des équipements dédiés au prototypage et à la mise au point. Le groupe utilise la 3DGence Industry F340 pour fabriquer des prototypes, avec des matériaux adaptés aux contraintes aéronautiques. L’un des polymères cités dans ces usages est le PEEK, un plastique haute température, intéressant quand on cherche à rapprocher un prototype d’une pièce exploitable en environnement exigeant.
Cette approche accélère le cycle conception, fabrication, test. Airbus met en avant la possibilité de concevoir virtuellement, d’imprimer sur site, puis d’évaluer rapidement, ce qui s’inscrit dans la digitalisation de l’industrie. Serge, côté maintenance, donne un exemple parlant : « Quand une pièce de machine manque, l’arrêt de ligne coûte vite plus cher que la pièce. Si tu peux sortir un composant de rechange en impression 3D, tu gagnes du temps ». Mais tout n’est pas imprimable, et l’aéronautique reste un domaine où la traçabilité impose des process stricts.
L’écosystème compte aussi. Airbus travaille avec des partenaires industriels, dont MB Aerospace, pour produire des composants sur mesure. Les fabricants de machines, eux, adaptent leur offre aux besoins, têtes interchangeables selon les filaments, réglages plus fins, matériaux plus robustes. Le point de vigilance, c’est l’industrialisation : passer d’une pièce réussie en atelier à une production répétable, contrôlée, documentée, sans variabilité de qualité, demande une rigueur qui peut limiter les volumes à court terme.
TRUMPF et Airbus Helicopters testent la fabrication additive à Donauwörth
La dynamique ne concerne pas seulement les avions commerciaux. Chez Airbus Helicopters, le centre de Donauwörth met en avant l’intérêt des pièces imprimées en 3D pour les hélicoptères du futur. Helmut Färber, responsable du centre, insiste sur l’objectif : réduire le poids des composants, ce qui agit sur les coûts d’exploitation et les émissions de CO2 via une consommation moindre. L’enjeu est le même, chaque kilo compte, surtout sur des missions où l’autonomie et la charge utile sont sensibles.
Airbus prévoit aussi d’utiliser la technologie d’impression 3D de TRUMPF sur de nouveaux appareils. Un autre avantage mis en avant, l’impression de pièces « d’une seule pièce », là où l’assemblage traditionnel impose plusieurs éléments, des fixations, et parfois des renforts. Moins d’assemblage peut vouloir dire moins de masse, moins de points de faiblesse potentiels, et une maintenance simplifiée, à condition que la pièce monobloc passe toutes les exigences de certification.
Le bénéfice environnemental se joue aussi au sol. La fabrication additive réduit les pertes de matière, avec des déchets limités, et une partie peut être recyclée ou réutilisée selon les cas. En résultat, Airbus lie l’impression 3D à une production plus sobre, mais il faut garder une critique : l’impact final dépend de l’énergie utilisée par les machines, des chaînes d’approvisionnement en poudres ou filaments, et du nombre de pièces basculées vers ce mode de fabrication. La trajectoire est claire, mais le rythme dépendra des validations industrielles et de la capacité à produire en série sans compromis sur la sécurité.
Sources

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.