108 km/h, 136 grammes sur la balance, et un cerveau basé sur un ESP32. Le drone s’appelle ESP-BLAST, il est imprimé en 3D et il a été présenté par le YouTuber Max Imagination, qui documente régulièrement des montages électroniques accessibles. Là, l’idée est simple, aller vite avec un châssis léger, des pièces faciles à reproduire, et un budget annoncé autour de 155 dollars pour les composants. Ce qui frappe, c’est le contraste entre la vitesse et l’approche « atelier du dimanche ». On parle d’un quad minuscule, construit autour d’éléments qu’on retrouve dans beaucoup de projets maker, microcontrôleur, ESC, capteurs, GPS, le tout enfermé dans une coque en PETG. Sur le papier, ça ressemble à une fiche de montage, dans les faits, ça pose une question très actuelle, jusqu’où le DIY peut-il aller quand il s’attaque aux performances?
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Max Imagination vise 108 km/h avec l’ESP-BLAST
Le projet se présente comme un drone open source, avec une structure imprimée en 3D et une électronique centrée sur un ESP32. Max Imagination annonce une vitesse de pointe au-delà de 108 km/h, soit 67 mph, pour un poids total de 136 g. À cette échelle, chaque gramme compte, parce que la moindre surcharge se paie en accélération et en stabilité, surtout à haute vitesse.
Le coût déclaré, environ 155 $ pour les composants, donne une idée de la philosophie, faire beaucoup avec peu. Dans la liste, on retrouve des éléments typiques d’un drone moderne, ESC, microcontrôleur, baromètre, GPS, hélices. Pour un lecteur habitué aux kits de loisir, ce budget n’est pas ridicule, mais il reste loin des drones FPV haut de gamme, dont la facture grimpe vite dès qu’on vise la performance.
Max explique aussi s’être appuyé sur des références du milieu, avec une inspiration venant de Benjamin Bigg et des frères Bell, Luke et Maximo Bell, connus pour se tirer la bourre sur les records de vitesse. Là, nuance importante, on est très loin des machines extrêmes annoncées à plusieurs centaines de mph dans ce microcosme. Mais pour un châssis imprimé, un format mini et un contrôleur populaire, la barre des 100 km/h reste un cap très parlant.
Une coque PETG imprimée sur Elegoo Neptune 4 Plus
Le corps du drone est imprimé en 3D, avec une Elegoo Neptune 4 Plus et du PETG. Ce choix n’est pas anodin, le PETG est souvent retenu pour sa résistance et sa tolérance aux chocs, un compromis entre rigidité et flexibilité. Sur un drone rapide, un châssis trop souple peut introduire des vibrations, et un châssis trop cassant peut se fissurer au premier impact. Le PETG vise l’équilibre, même si ça ne fait pas de miracles.
Le côté intéressant, c’est la reproductibilité. Une imprimante grand public, un matériau courant, et tu peux sortir une frame sans passer par du carbone découpé ou des pièces usinées. Dans la pratique, ça change la manière de prototyper, tu testes une géométrie, tu modifies un support d’antenne ou un bras, tu relances une impression. Pour des makers, c’est un accélérateur, parce que le temps entre « j’ai une idée » et « je vole » se réduit.
Mais il y a un revers, et il faut le dire. Une frame imprimée n’a pas la même constance qu’une frame carbone en série, surtout si l’impression est mal réglée, mauvaise température, couches fragiles, infill trop léger. À 108 km/h, une rupture ou un jeu mécanique se transforme vite en crash. La promesse du DIY, c’est la liberté, mais la contrainte, c’est l’exigence de fabrication, et là, elle ne pardonne pas.
ESP32, ESC et GPS: ce que le DIY gagne, ce qu’il risque
Le coeur du projet repose sur un ESP32, connu pour son rapport performance-prix et sa présence massive dans l’IoT. L’idée de l’utiliser dans un drone rapide parle à beaucoup de bricoleurs, parce que c’est une puce facile à trouver, documentée, et déjà familière à ceux qui bidouillent des capteurs ou de la robotique. Dans ce montage, elle s’insère dans une chaîne classique, avec ESC, capteurs, et un ensemble de contrôle de vol.
Le projet met aussi en avant l’intégration d’un baromètre et d’un GPS, des briques qui rappellent que la performance ne se limite pas à pousser les gaz. À haute vitesse, la mesure et la stabilité deviennent centrales, parce que la moindre oscillation se voit tout de suite. Un maker qui veut reproduire l’idée peut y voir un terrain d’apprentissage concret, réglages, calibration, compromis entre poids, rigidité et instrumentation.
Mais attention au fantasme du « je télécharge, j’imprime, et je tape 100 km/h ». Les discussions dans les communautés de makers montrent souvent les mêmes blocages, choix des drivers moteurs, gyroscope, compatibilités, mise au point. Et plus tu cherches la vitesse, plus tu réduis les marges de sécurité. Le gain, c’est une porte d’entrée très moderne vers le drone de performance, le risque, c’est de sous-estimer la complexité, surtout quand on empile microcontrôleur, capteurs et contraintes mécaniques dans 136 g.

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.