Une Formule 1 à 20 millions d’euros… sortie d’imprimantes 3D de garage. C’est le délire très sérieux de Mike Lake, YouTuber déjà connu pour s’être fabriqué une fausse Porsche 992 GT3 RS en imprimant sa carrosserie. Là, il monte d’un cran: une monoplace grandeur nature, look moderne façon règlement 2026, avec l’idée qu’elle roule, freine et – si tout se passe bien – parte en drift. Le fait est que son projet n’a rien d’un simple cosplay automobile. Il parle d’assemblage complexe, de pièces imprimées en PETG, de techniques de soudure plastique et de rigidité à tenir sur une auto longue d’environ 3,4 mètres d’empattement. Sur le papier, ça fait rêver. Dans la vraie vie, ça sent surtout les heures de ponçage, les ajustements au millimètre et les compromis partout.
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De la Porsche Boxster à la F1 2026, Mike Lake change d’échelle
Avant de fantasmer une F1, Mike Lake a fait ses gammes sur un projet déjà absurde: une Porsche Boxster 986 achetée autour de 13 000 dollars, recouverte d’une carrosserie de 992 GT3 RS imprimée en 3D. Pas deux ou trois panneaux pour faire joli: 477 pièces, environ 62 kg de plastique, et près de 2 000 heures d’impression. Rien que ça, c’était un test grandeur nature de patience et de méthode.
Le chiffre qui pique moins, c’est le coût matière: autour de 1 373 dollars australiens de filament, soit environ 960 dollars, un peu moins de 900 euros. À ce tarif-là, tu comprends l’attrait: pour quelqu’un qui sait modéliser, imprimer et assembler, la carrosserie devient un poste « gérable » par rapport à une pièce neuve, ou à un projet composite. Résultat: il a prouvé qu’il savait aller au bout.
Une Porsche GT3 RS imprimée en 3D révolutionne le design automobile : défis et innovations révélés
La F1, c’est un autre monde. Une monoplace moderne peut coûter autour de 20 millions de dollars à développer, donc son idée, c’est de copier l’esthétique et d’imprimer un maximum d’éléments, pièce par pièce, pour rendre le rêve tangible. Sauf que l’échelle, les contraintes et la précision attendue n’ont plus rien à voir avec une réplique de sportive de route.
PETG, Bambu Lab H2S et une aile avant de deux mètres
Pour passer à l’industrialisation maison, Lake s’est équipé d’une flotte d’imprimantes Bambu Lab H2S capables de tourner en parallèle. Le matériau annoncé, c’est du PETG: un plastique populaire chez les makers, réputé plus robuste que du PLA et plutôt tolérant à la chaleur. Dans sa logique, c’est un bon compromis entre solidité, facilité d’impression et coût, surtout quand on vise des pièces énormes.
Il a commencé par un morceau très parlant visuellement: l’aile avant. Une F1 moderne, c’est environ deux mètres de large à l’avant, et son élément imprimé reprend les codes: plusieurs lames aérodynamiques et des flasques latéraux qui donnent ce look agressif. Sur ses images, on voit surtout l’autre réalité: chaque pièce sort brute, puis il faut nettoyer, ajuster, poncer, préparer l’assemblage.
L’assemblage, justement, c’est là que le projet se joue. Lake utilise des techniques de « soudure » plastique: fer à souder, agrafes chauffantes, plus un adhésif pour solidariser et raidir l’ensemble. Sur une aile, ça passe encore. Sur une structure plus grande, chaque joint devient un point critique. Et à ce stade, on est plus proche d’un chantier de carrosserie que d’un simple print-and-play.
Faire rouler et drifter une F1 en plastique, le vrai mur
Son objectif affiché n’est pas d’exposer une sculpture: il veut que la voiture roule, freine, et idéalement drift. Du coup, l’impression 3D n’est qu’une partie du problème. Il évoque les étapes futures comme l’impression du monocoque et la conception d’un châssis capable de supporter un moteur puissant. Là, tu touches aux sujets qui ne pardonnent pas: rigidité, alignements, fixations, et tenue dans le temps.
Il y a aussi l’écart entre l’apparence et la fonction. Une F1, ce n’est pas juste une coque: c’est une machine qui encaisse des contraintes énormes, et dont chaque élément est pensé pour la performance. Lui vise une esthétique « moderne » et parle même d’un son rappelant les anciens moteurs de F1. C’est séduisant, mais ça rappelle un point: entre « ça ressemble » et « ça marche », il y a un canyon.
Perso, j’adore l’audace, mais je vois le revers: le PETG reste du plastique, et l’empattement annoncé – environ 3,4 mètres – implique des pièces longues, donc difficiles à garder parfaitement droites et solides. Sans parler du poids final, des vibrations, et des contraintes au freinage. Ça peut devenir un objet roulant très cool, ou une addition de sous-ensembles fragiles. Et c’est précisément ça qui rend le pari fascinant à suivre.

Je suis passionné par l’univers de l’impression sous toutes ses formes, de l’impression classique aux technologies 3D et 4D les plus innovantes. À travers mes articles, je partage des analyses claires, des conseils pratiques et des décryptages accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre ces technologies, leurs usages et leurs évolutions, aussi bien dans un cadre personnel que professionnel.